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Emma Tremblay-Bilodeau

Vendre en cas de séparation ou de divorce au Québec

4 min de lecture
Maison en pierre entourée de verdure
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Une séparation bouscule tout, et la maison se retrouve souvent au centre des tensions. Qui décide de vendre ? Qui touche quoi ? Peut-on forcer la vente ? Les réponses dépendent d’abord de votre statut, marié ou conjoint de fait, et le droit québécois réserve ici quelques surprises. Le partage des biens lors d’une séparation est encadré par des règles précises. Voici l’essentiel pour vendre sans faux pas.

La règle qui surprend le plus : le consentement du conjoint

Voici le point que beaucoup ignorent. Si la maison est la résidence familiale, le conjoint marié ou uni civilement qui en est le seul propriétaire ne peut pas la vendre sans le consentement écrit de l’autre, même si un seul nom figure sur le titre. Cette protection vise précisément la résidence familiale. Vendre sans ce consentement expose à l’annulation de la vente ou à des dommages. Dans une transaction avec courtier, le conjoint non propriétaire devra intervenir aux formulaires. C’est incontournable.

Mariés ou conjoints de fait : deux mondes

Pour les couples mariés ou unis civilement, le patrimoine familial, en vigueur depuis 1989, impose le partage à parts égales de la valeur des résidences de la famille, peu importe qui est propriétaire ou qui a payé. On partage la valeur, pas le bien lui-même. Les conjoints de fait, eux, n’ont longtemps eu aucune protection de ce type : c’est le nom sur le titre qui décide. Nuance récente : depuis le 30 juin 2025, un régime d’union parentale s’applique aux conjoints de fait devenus parents d’un enfant à partir de cette date, avec un partage de la valeur de certaines propriétés d’habitation.

Situation Partage de la résidence Consentement pour vendre
Marié ou uni civilement Valeur partagée à parts égales Requis pour la résidence familiale
Conjoint de fait (sans enfant) Selon le nom au titre Selon la propriété
Union parentale (depuis 2025) Valeur partageable Protection de la résidence

Vendre proprement, malgré tout

Au-delà du droit, la vente pratique demande du doigté. Une évaluation neutre, faite par un courtier ou, en cas de litige, par un évaluateur agréé dont le rapport sera reconnu par les tribunaux, évite bien des disputes sur le prix. La médiation familiale est fortement encouragée au Québec pour s’entendre sur les modalités. Rappelez-vous aussi que la vente d’une résidence principale est généralement exonérée d’impôt sur le gain en capital, mais qu’il faut la déclarer. Pour les aspects légaux, un avocat ou un notaire est essentiel. Pour établir un prix juste et impartial, une évaluation gratuite et sans engagement est un bon point de départ.

Questions fréquentes

Peut-on forcer la vente si l’autre refuse ?

Quand la propriété est détenue en indivision, le Code civil pose que nul n’est tenu de demeurer dans l’indivision et que le partage peut toujours être provoqué, sauf s’il a été reporté par une convention, un testament, un jugement ou par l’effet de la loi. En pratique, cela passe par le tribunal et cela prend du temps. Et pour la résidence familiale d’un couple marié, le consentement du conjoint reste requis. Un avocat est indispensable dans ce scénario.

Mon nom n’est pas sur le titre : ai-je des droits ?

Si vous êtes marié ou uni civilement, oui : la résidence familiale ne peut pas être vendue sans votre consentement écrit, et sa valeur fait partie du patrimoine familial à partager à parts égales. Si vous êtes conjoint de fait, c’est le nom au titre qui décide, sauf si le régime d’union parentale s’applique à votre situation.

Comment se partage le produit de la vente ?

On part du prix de vente, on rembourse le solde hypothécaire, puis on déduit les frais de la transaction : commission, quittance, notaire, pénalité s’il y a lieu. C’est le montant net qui se partage, selon le régime applicable. Cette mécanique explique pourquoi deux personnes peuvent avoir en tête deux chiffres très différents en partant du même prix affiché.

Faut-il attendre le jugement de divorce pour vendre ?

Non, si les deux conjoints y consentent. Beaucoup de couples vendent pendant les procédures pour cesser de porter deux logements ou pour débloquer la suite. Ce qui compte, c’est que l’entente sur le partage du produit soit écrite avant la signature, et non discutée après le dépôt des fonds.

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Emma Tremblay-Bilodeau

Courtier immobilier résidentiel et commercial chez RE/MAX Futur, à Châteauguay, depuis 2010. Emma accompagne les vendeurs de la Rive-Sud de Montréal, avec une attention particulière pour les transitions de vie.

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